Haitï à la lumière des phares

Publié le par Joaquim

Secoué dans tous les sens, basculé d’avant en arrière, de gauche à droite, je m’accroche à la poignée du 4X4.
Il fait très noir, pas de lumière, nulle part. Pas d’éclairage public, pas de néon qui pourrait allumer les façades d’éventuels magasins. Pas d’ampoule qui pourrait allumer l’intérieur des maisons et laisser la lumière se diffuser sur l’extérieur. Pas de lune qui pourrait vous diriger dans cette nuit noire.
Sauf quelques lueurs par-ci par-là. Des bougies. Je distingue très mal leur provenance et ce qu’elles éclairent.
Et finalement je n’arrête pas d’être ébloui par… les phares des voitures.
Ces voitures qui se croisent et se frôlent. Ce sont elles qui éclairent par intervalles la rue et sa vie.
Ces phares qui permettent  d’éviter les piétons qui apparaissent au dernier moment derrière un brouillard de poussière.
Ces phares qui vous montrent ponctuellement les cicatrices encore visibles de Port-au-Prince.
Ces phares donc, qui vous permettent de voir les maisons en ruines, les gravats qui jonchent les rues jusqu’à leur centre, provoquant ainsi une circulation difficile et périlleuse pour les voitures et les motos, comme pour les piétons.
Ces phares qui finalement me permettent de distinguer le décor qui entoure ces petites lueurs.
Des tentes partout. Plantées en plein milieu d’un carrefour, entre deux bâtiments en ruines, sur une place. Toiles bleues, blanches, grises.  Les camps des personnes qui n’ont plus rien, plus de maisons, plus de toit !!

Malgré tout, on arrive à distinguer en croisant des piétons, des sourires. Et vous sentez dans cette atmosphère poussiéreuse une incroyable force de vivre et d’aller de l’avant.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article